Le haut pays
Il est un humble et haut pays Au relief rude
et solitaire Lorsque le regard s'ennuie De n'y plus voir
la terre Là où les brumes d'octobre Épousent les silhouettes Et
caressent un ciel sobre Dans un élan de tempête
Il est un jardin de rocaille Ingrat à perte
de ciel Qui pleure de ses entrailles Mille sources au soleil Là
où nues et coteaux se déchirent Et se confondent en un même
frisson Dès que la brise d'août fait frémir Puis plier la
maigre moisson
Il est un toit austère Sur de larges murs de
pierre Où les âmes vieillissent avec lenteur Scellées aux
objets et aux saines valeurs Et le temps n'a pu rien effacer Si
ce n'est un visage Que l'on garde secret Comme une pieuse
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